Mercredi 5 mars 2008
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«Qui gouverne la Serbie ? » Cette interrogation du quotidien Blic est pertinente. La Serbie contrairement à son emblème, un aigle blanc bicéphale, est dirigée en ce
moment par trois têtes qui gouvernent alternativement selon la météo, la pression atmosphérique ou le cours du poivron. La coalition gouvernementale ne cesse d’être tiraillée entre le Parti
démocrate du Président Tadic et le Parti démocrate Serbe du premier ministre Kostunica. Ce qui n’est pas pris en charge l’est par l’autre, puis pour changer, tout ça est renvoyé devant le
Parlement que manipule en sous-main le Parti radical. Un bel exemple d’union sacrée nationale comme lors du Jeudi noir belgradois. Mais là où ça se gâte, c’est que pas un des trois protagonistes
n’a un rôle bien défini. Le Guignol de samedi devient deux jours après le gendarme Flageolet puis par un prompt retournement de veste, Gnafron. Et dans le rôle du spectacteur et dindon de la
farce l’UE et accessoirement le peuple serbe.
Car à force de mouvements d’humeur, de déclarations tonitruantes, ça tire d’un côté puis de l’autre sans que rien ne bouge. Pour le moment, la Serbie vit dans un état temporel
suspendu : 1389. La bataille de Kosovo Polje et le monde entier contre eux.
Dans les chancelleries occidentales des pays qui ont reconnu l’indépendance du Kosovo, on perd doucettement patience à appeler en vain, vingt fois, trente fois les partenaires
serbes qui ne prennent même pas la peine de répondre au téléphone. «Proposer l’UE aux Serbes, c’est donner à boire à un âne qui n’a pas soif et en plus qui a la rage », notait fort justement
quelques mois avant le 17 février historique, un diplomate européen.
Empêtrée au Kosovo et en Bosnie-Herzégovine, en proie à de la méfiance, voire à de l’indifférence dans le reste des Balkans, l’UE se doit de payer 130 ans plus tard la facture du Congrès de
Berlin.
Par Paprika
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