Samedi 27 septembre 2008
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18:47
Bouche ouverte, œil au plafond, à me faire arracher une dent hier soir chez mon dentiste belgradois, alors que des
gouttes de sang tâchaient mon bavoir vert chirurgical, je me félicitais de ma fidélité depuis cinq ans à ce boucher en blouse blanche. En effet, si un jour, on retrouvait mon corps ou ce qu’il en
reste dans un charnier, il suffirait de sonner chez lui pour récupérer mon dossier dentaire et ainsi faciliter mon identification. Voilà une pensée réconfortante ! !
Encore un effet bienfaisant des Balkans et de mon travail à trouver un réconfort même dans les situations inconfortables.
Désolée pour l’horrible publicité au dessus. On m’a pas demandé mon accord pour souscire aux lois du marché.
Par Paprika
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Mardi 6 janvier 2009
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21:39
C’est le soir de Noël. Des brasiers s’élèvent devant les églises.
Les fidèles se pressent, hypnotisés de cette fascination que seul le feu génère. Le dinar atteindra jeudi son minimum historique face à l’euro (93 Rsd pour 1 Eu). La température, elle, va aussi
chuter pour atteindre –12 degrés tandis que le gaz russe a cessé d’alimenter la Serbie ce matin. Les parcs sont effleurés d’une soie blanche et glacée. La Save s’est teintée de gris perle et nous
ressemblons tous à des oursons patauds, emmitouflés dans nos habits de saison. Belgrade s’est apaisé dans cette qualité de silence, recueilli et joyeux, que ne peut apporter que le grand
hiver.
Mais ce soir, une télé locale diffuse le show de Seka
Aleksic.
http://www.youtube.com/watch?v=Fadg0-djGaw&feature=related
Joyeux Noël ...!
Par Paprika
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Mercredi 25 février 2009
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10:55
Des yaourts, un litre d'huile et 100 grammes de hachis. Trois fois rien qu'il faut quand même bien payer. Dehors,
on entend les crissements de toboggan des congères de glace qui déboulent des toits. La dame farfouille dans l'abysse de son sac à main. Une besace de femme forcément ça prend du temps. Les
clients dans la file, patientent, bonhomme. Plus de porte-monnaie. La caissière lui propose de vider l'intérieur sur le tapis de caisse. L'argent, retors, s'est peut-être tapi dans un recoin. Les
clients encouragent. Et puis un filet de voix plus loin. «On a retrouvé une pochette marron aux fruits et légumes!» Soulagement général. Tout le monde se réjouit, à se féliciter l'un l'autre
d'une fin si propice.
C'est ces petites choses, anodines, pas bien remarquables, qui font ce fameux lien social, qu'à Paris, nous avons
du théoriser comme on répertorie un papillon en voie de disparition. Ces choses minuscules, comme cette vieille dame qui m'attrape gaillardement le bras pour monter une marche, font la richesse
des Balkans. C'est un diplomate européen qui me disait, songeur et converti, que c'était peut-être l'UE qui avait à ré-apprendre la solidarité de la région.
Radio Kombi de luxe avec distribution de Fanta et magazines trash :
http://www.youtube.com/watch?v=aiv_9SGJl_E
Par Paprika
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